mardi 5 mars 2013

Faut-il que nous nous inspirions davantage du modèle nordique ?

Le journal britannique The Economist a consacré sa une aux pays nordiques, en affirmant que ces derniers étaient le "prochain super modèle à suivre". Qu'est-ce qui est à prendre, qu'est-ce qui est à laisser ?

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mardi 21 février 2012

Une pièce sur Breivik, un acte salutaire

Peut-on mettre en scène le manifeste radical du tueur d’Oslo et Utøya ? Le projet d’un théâtre de Copenhague a soulevé de vives protestations en Norvège et au Danemark. Entendre ces mots est pourtant essentiel pour mieux comprendre notre époque, se défend son directeur, Christian Lollike.

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dimanche 15 janvier 2012

La Finlande et le Danemark abaissent leurs projections de PIB

Les gouvernements finlandais et danois ont réduit leurs prévisions de croissance mardi 20 décembre 2011, la crise de la dette de la zone euro affectant les exportations de ces pays plus qu'initialement prévu.

La Finlande, l'un des six membres de la zone euro à bénéficier d'un "triple A", table désormais sur un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 2,6% cette année contre une prévision précédente de 3,5%.

Le Danemark, qui vient de se doter d'un gouvernement de centre-gauche, voit son PIB 2011 désormais en augmentation de 1,0% contre une estimation précédente de 1,1%.

Peu auparavant, à l'occasion de l'annonce d'une baisse de ses taux d'intérêt, la banque centrale suédoise avait au contraire relevé ses estimations pour 2011, anticipant désormais un taux de 4,6% contre 4,2% précédemment.

Pour 2012, la Riksbank a toutefois revu en baisse ses prévisions, voyant désormais un PIB en hausse de 1,3% contre 1,5% précédemment. Pour 2013, l'estimation est ramenée de 2,4% à 2,3%.

La Finlande a également baissé ses projections pour 2012 et 2013, à respectivement 0,4% et 1,7% contre respectivement 1,8% et 2,3% précédemment.

Le pays est très dépendant des exportations et certains économistes appartenant à des établissement privés n'excluent pas une récession l'année prochaine.

Le Danemark a ramené sa prévision de croissance 2012 de 1,3% à 1,0%, l'estimation pour 2013 étant un PIB en hausse de 1,4%.

Copenhague a par ailleurs revu à la hausse ses estimations de déficit budgétaire, qui devrait ressortir cette année à 4,0% du PIB, contre une prévision précédente de 3,8%. En 2012, ce déficit devrait être de 5,5% contre un ratio de 5,1% retenu précédemment.

"Les perspectives de croissance internationale se sont assombries au cours de l'automne. De ce fait, une baisse des recettes fiscales et une hausse des transferts des dépenses sont anticipées", déclare Bjarne Corydon, ministre des Finances danois, cité dans un communiqué.

Copenhague prévoit toutefois un déficit budgétaire de 2,6% du PIB pour 2013, ce qui mettrait le pays en conformité avec la limite européenne de 3%.

Article original : http://fr.news.yahoo.com/la-finlande-et-le-danemark-abaissent-leurs-projections-095316015.html

samedi 5 novembre 2011

La situation dans les pays scandinaves à la lumière des élections au Danemark et en Norvège

En septembre dernier, les Norvégiens ont élu leurs représentants locaux et les Danois ont renouvelé leur parlement. Ces deux scrutins ont été suivis avec le plus grand intérêt par l'ensemble des Européens. Allait-on observer un recul de l'extrême droite en réaction aux événements violents qui se sont produits cet été en Norvège ?

LE RECUL ATTENDU DE L’EXTREME DROITE

La réponse à cette question semble être positive, même s'il est probable que la baisse ne soit que temporaire. En Suède, de récents sondages montrent un recul significatif du soutien populaire aux Démocrates suédois, parti nationaliste qui est entré au parlement en 2010. En Norvège, les résultats électoraux soulignent une nette chute du Parti du progrès, proche de la droite populiste, dont Anders Breivik a été membre pendant dix ans. Pour la plupart des observateurs scandinaves, cette chute est la conséquence de deux événements : le choc qui a suivi le massacre d'Utoya et l'ambiguïté de la réaction des porte-parole de l'extrême droite à ce drame. Loin de condamner unanimement la tuerie, des personnages emblématiques de ces partis ont exprimé leur soutien aux idées de Breivik. Siv Jensen, leader du Parti du progrès, a éludé la question de l'appartenance du meurtrier à sa formation, même si elle a, par ailleurs, annoncé des changements dans la rhétorique du parti.

On pouvait s'attendre à un recul de la formation d'extrême droite profite au Parti travailliste, formation social-démocrate norvégienne dont la génération montante était visée par le massacre. Les travaillistes ont progressé et réalisé leur résultat électoral le plus élevé depuis quarante ans dans la région de Trondheim. Mais c'est la droite qui a été la grande gagnante des élections locales et qui semble donc avoir tiré le plus grand bénéfice de la chute du Parti du progrès. Cela signifie fort probablement que l'électorat norvégien a résisté à la tentation d'un vote de sympathie pour les victimes d'Utoya, dont certaines, qui figuraient sur les listes électorales avant le massacre, ont été symboliquement élues post-mortem.

Au Danemark, la social-démocratie a également enregistré une victoire relative, après dix ans de pouvoir d'une alliance des partis de droite qui rassemblait le Parti libéral, le Parti populaire conservateur et le Parti du peuple danois, formations populiste de droite, voire d'extrême droite. Considérée comme une sorte d'"enfant terrible qui disait la "vérité" sur les échecs du multiculturalisme, le leader de cette dernière formation Pia Kjærsgaard semble avoir perdu son pouvoir de séduction sur l'électorat danois. Si, en Norvège, Siv Jensen, malgré son silence sur l'appartenance de Breivik à son parti a adopté une attitude proche de l'autocritique après l'attentat d'Utoya, au Danemark, Pia Kjærsgaard a refusé de reconnaître un quelconque lien entre le discours de son parti et les violentes déclarations du criminel norvégien.

Le Parti du peuple danois est le grand perdant des élections législatives danoises. Son résultat ne doit cependant pas être vu comme un désaveu de la politique de la coalition de droite qu'il soutenait. Les positions très critiques de la formation populiste à l'égard de l'immigration et du multiculturalisme ont été, pour la majorité d'entre elles, reprises par les autres protagonistes du paysage politique danois. La social-démocratie danoise est, comme le Parti conservateur norvégien, favorable à l'immigration mais ne remet pas en cause des lois telles que celle qui oblige les étrangers à attendre l'âge de vingt-quatre ans pour se marier avec un citoyen danois. Les sociaux-démocrates se montrent critiques envers le système de permis à points en vigueur qui veut qu'un non Européen souhaitant s'installer au Danemark doive répondre à certains critères tels que le fait de ne pas avoir bénéficié de prestations sociales.

Ce système donne la possibilité aux étrangers qui ont fait des études supérieures et démontré leur bonne volonté à s'intégrer d'accumuler des points et de régulariser leur situation au bout de quatre ans au lieu de sept. Résultant d'un accord entre le Parti du peuple danois et le Parti populaire conservateur, ce système a été très critiqué dans le royaume et en Europe.

LE PARADOXAL DECLIN DE LA SOCIAL-DEMOCRATIE

La crise économique a profondément affecté le Danemark depuis l'éclatement de la bulle immobilière il y a trois ans. Les Danois sont inquiets de la montée du chômage et par l'état du secteur bancaire et immobilier. Les problèmes économiques prennent de l'ampleur aussi en Suède où, selon de nombreux observateurs, il existe une bulle immobilière et où le marché du logement est nettement ralenti depuis cet été. Dans ce pays également, les prévisions d'évolution du chômage sont inquiétantes. Les pays nordiques possèdent des budgets stables et des déficits publics limités. Dans les mois à venir, les scandinaves devront donc faire un choix : ou bien adopter une politique de rigueur qui conserve la règle d'or pour les finances publiques ou bien mettre en oeuvre une nouvelle politique économique soutenue qui s'appuierait sur l'investissement public. Les sociaux-démocrates sont divisés sur cette question. Pour l'heure, le principal avantage de ces pays réside dans leurs monnaies respectives. Les couronnes norvégienne, danoise et suédoise sont stables et se sont appréciées face à l'euro, ce qui renforce la menace du chômage pour ces pays très dépendants de leurs exportations.

Pourtant, le succès de la formation de Helle Thorning Schmidt ne constitue pas une victoire de la gauche européenne. Les sociaux-démocrates danois ont obtenu leur plus faible résultat depuis 1906, tout comme leurs homologues suédois qui, en 2010, étaient tombés à un niveau historiquement bas. Les Danois n'ont donc pas voté en faveur de la socialdémocratie mais exprimé leur mécontentement à l'égard de la politique menée par la droite.

Les véritables gagnants du scrutin sont les "petites" formations telle la Liste de l'unité, parti de gauche écologique dont la progression a permis la victoire de la gauche.

Article original : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/18/la-situation-dans-les-pays-scandinaves-a-la-lumiere-des-elections-au-danemark-et-en-norvege_1589491_3232.html

jeudi 19 mai 2011

Arctique : le Danemark prépare ses revendications

Le Danemark a l'intention de soumettre des revendications concernant le pôle Nord et d'autres régions de l'Arctique, où les glaces cèdent peu à peu leur place à de nouvelles routes de navigation, de nouveaux lieux de pêche et à de possibles sources d'exploitation pétrolière et gazière, montre un document gouvernemental divulgué mardi 17 mai 2011.

Le document, intitulé «Une stratégie pour l'Arctique», indique que le ministère des Sciences du Danemark a commencé à recueillir des données dans le but de soumettre au plus tard en 2014 des revendications concernant ces régions auprès de la Commission des limites du plateau continental, une agence de l'ONU.

La Russie, la Norvège, le Canada et les États-Unis ont leurs propres revendications — qui sont parfois en concurrence — quant à cette région qui pourrait receler jusqu'à 25 pour cent de toutes les réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel qui n'ont pas encore été exploitées.

Le gouvernement danois a confirmé l'authenticité du document, qui a été obtenu par une station de radio et publié en ligne par un quotidien.

Depuis plusieurs années, le Danemark envisage de présenter des revendications pour des régions se trouvant à proximité du Groenland, un territoire autonome qui lui est rattaché. Mais selon le journaliste danois Martin Breum, auteur d'un livre traitant de l'intérêt de son pays pour l'Arctique, il s'agit de la première fois que le gouvernement du Danemark fait savoir publiquement qu'il a l'intention de soumettre des revendications au sujet du pôle Nord.

La ministre danoise des Affaires étrangères, Lene Espersen, a précisé que la stratégie en était au stade de la révision, et que la version finale du document devrait être terminée en juin.

Dans un communiqué de presse, Mme Espersen a affirmé que le Danemark prévoyait être en mesure de présenter une revendication à l'égard d'une région qui inclurait le plancher océanique du pôle Nord.

La course pour obtenir des droits de propriété sur le plancher océanique de l'Arctique s'est accélérée en 2007, après que la Russie eut envoyé deux petits sous-marins pour planter un drapeau russe dans les profondeurs de l'océan. La Russie avait alors fait valoir qu'une dorsale océanique liait son territoire directement au pôle Nord, un argument qui a été rejeté par les autres pays baignés par l'océan Arctique — le Canada, les États-Unis, la Norvège, la Suède, le Danemark, la Finlande et l'Islande.

Le document du gouvernement danois indique que le Danemark souhaite présenter des revendications concernant le plateau continental pour cinq régions autour des îles Féroé et du Groenland, y compris le pôle Nord. Au moins quatre de ces régions recèleraient des ressources pétrolières ou gazières.

Article original:http://fr-ca.actualites.yahoo.com/arctique-le-danemark-pr%C3%A9pare-ses-revendications-203534253.html

mardi 15 mars 2011

Danemark et Suède remplaceront les timbres par des messages texte

Les Scandinaves ont de quoi rendre jaloux le reste de la planète: réseau hospitalier impeccable, fonction publique heureuse, énergie éolienne abondante... et bientôt: des langues moins irritées. C'est que la poste danoise et suédoise compte remplacer les timbres par des SMS.

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mardi 22 février 2011

Le Groenland sucite la convoitise des compagnies pétrolières avec 1/5e des réserves non découvertes

Selon l'Institut de géophysique américain, plus d'1/5e des réserves d'hydrocarbures non découvertes se situent au cercle polaire. Le Groenland suscite la convoitise des compagnies pétrolières. Le gouvernement a attribué en novembre dernier sept blocs de prospection à huit compagnies pétrolières. Quatre puits seront creusés en 2011 et de gros investissements suivront. Le gouvernement groenlandais fonde ses espoirs sur le pétrole, tremplin pour accéder à l'indépendance face au Danemark. Greenpeace estime lui que le contrôle des forages est difficile et veut éviter une course suicidaire au pétrole.

Article original: http://www.tsr.ch/info/economie/2969943-le-groenland-sucite-la-convoitise-des-compagnies-petrolieres-avec-1-5e-des-reserves-de-petrole-non-decouvertes.html

mercredi 3 novembre 2010

Un "Etat fédéral" commun séduirait 42 % des Nordiques

Quelque 42 % des habitants des cinq pays nordiques (Suède, Danemark, Norvège, Finlande, Islande) sont favorables à l'idée d'un "Etat fédéral" commun, selon un sondage publié à l'occasion d'un sommet du Conseil nordique mardi à Reykjavik.

Ainsi, 11 % des personnes interrogées se disent "très favorables" et 31 % "favorables" à cette fédération, même si une majorité y reste opposée (40 % "défavorables" et 18 % "très défavorables"), selon cette enquête réalisée pour le Conseil nordique par l'institut Oxford Research.

En unissant leurs forces, les cinq pays nordiques formeraient un Etat peuplé de 25 millions d'habitants et la dixième puissance économique mondiale, renforçant ainsi le poids politique d'une zone dont le plus grand pays est la Suède avec 9,3 millions d'habitants.

PLUS D'INFLUENCE

Les personnes sondées étaient interrogées sur un scénario où les pays nordiques auraient "un seul chef de l'Etat, une politique extérieure et un système juridique communs avec un gouvernement semi-autonome dans chaque pays", selon l'enquête d'Oxford Research, une ONG indépendante. Les hommes sont plus favorables que les femmes à cette idée, qui trouve son meilleur accueil en Suède et en Islande, selon le sondage.

Parmi les trois raisons favorables les plus fréquemment invoquées par les sondés figurent : "cela donnerait aux pays plus d'influence internationale", "la culture est identique dans les pays nordiques" et "cela renforcerait l'Etat-providence". Les trois raisons les plus défavorables sont "nous perdrons notre identité nationale", "nous avons peur de perdre la démocratie de proximité" et "il y a trop de différences entre les pays".

L'idée d'une Fédération nordique a émergé dans le débat public ces dernières années pour remédier à la petite taille des riches pays nordiques et au fait que le Danemark, la Suède et la Finlande manquent de poids au sein de l'Union européenne.

Le sondage a été réalisé entre le 22 et le 27 octobre auprès de 1.032 personnes : 302 en Suède, 201 en Finlande, 200 au Danemark, 200 en Norvège et 129 en Islande.

Article original: http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/11/02/un-etat-federal-commun-seduirait-42-des-nordiques_1434228_3214.html

Trois pays nordiques sur le podium des pays les plus prospères

Trois pays nordiques monopolisent les premières places d'un classement publié mardi des pays les plus "prospères" au monde selon des critères de richesse et de "bien-être", dans lequel la France prend la 19e place.


La Norvège (1ère), le Danemark (2e) et la Finlande (3e) sont au sommet de ce classement entre 110 pays réalisé par le Legatum Institute, institut de recherche financé par le fonds d'investissement Legatum, de Dubaï.

Suivent les deux voisins océaniens, l'Australie (4e) et la Nouvelle-Zélande (5e), avant un autre pays nordique, la Suède (6e), puis le Canada (7e). La première économie mondiale, les Etats-Unis, sont 10e, devançant la deuxième, la Chine (58e), et la troisième, le Japon (18e).

La France est classée 19e, derrière quatre de ses voisins européens: la Suisse (8e), le Royaume-Uni (13e), l'Allemagne (15e) et la Belgique (16e).

Le classement rassemble huit mesures de la réussite économique et sociale qui vont du niveau de vie à la stabilité politique, en passant par la capacité à entreprendre, la qualité de l'éducation et de la santé, la sécurité (nationale et individuelle), la liberté et la solidarité.

L'indice "se base sur une analyse statistique de plus de 40 ans de données", complétée par les observations "d'universitaires spécialisés dans l'économie, l'histoire, le développement, la sociologie et la science politique".

Legatum a expliqué la prédominance des pays d'Europe de l'Ouest (13 places sur les 20 premières) par leur longue histoire démocratique, leur stabilité sociale et le fait qu'il est "difficile d'être prospère quand on est un grand pays" par la population.

En queue de classement se trouvent des pays pauvres, dont 14 d'Afrique subsaharienne parmi les 20 derniers. Legatum a relevé que sur ce continent, les mesures du niveau de vie, de la santé et de l'éducation contrastaient souvent avec de bons niveaux de liberté et de solidarité.

Article original: http://www.france24.com/fr/20101026-trois-pays-nordiques-le-podium-pays-plus-prosperes

lundi 18 octobre 2010

Glaçons grandioses du Groenland

Un grésillement dans le haut-parleur réveille la cabine plongée dans la pénombre. "Good morning everybody, good morning", c'est la voix de Troels, chef d'expédition. Il est 7 h 30, "le temps est couvert, par 7°C". Hier, nous avons quitté Akureyri, en Islande, sous un soleil qui éclaboussait la coque rouge de l'"Antarctic Dream". Dans le détroit du Danemark, le vol plané des fulmars escortait le bateau et des dauphins à bec blanc jouaient dans son sillage. A minuit, les passagers emmitouflés se sont même pressés sur le pont pour admirer les filaments verdâtres d'une aurore boréale. Mais ce matin, nous passons la latitude de 67° 59' N, au-delà du cercle polaire. Le bateau file vers le Scoresby Sund, plus vaste fjord du monde, sur la côte est du Groenland. La météo est arctique, mais les icebergs transforment la salle à manger en cinéma.



Dans la baie des Vikings, pour la première sortie, les Zodiac se fraient un chemin entre les glaces. "Tabulaires, en forme de dôme, clocher ou polyèdre", a détaillé James, guide gallois, en conférence. De près, ces mastodontes détachés de la calotte glaciaire rappellent plutôt de grosses meringues. Polies quand ils se sont retournés, striées de strates de neige ou de lignes noirâtres qui trahissent sédiments ou dépôt volcanique. "Peut-être de l'Eyjafjöll", analyse Gérard, notre guide français, devant un bloc coiffé d'une pellicule sombre. Près de l'île Rouge, les icebergs deviennent cathédrales, qui menacent de chavirer. C'est au guide canadien, Chris, de s'interroger devant les formes défiant la pesanteur : "Henri Cartier-Bresson ne disait-il pas que l'important, en photo, était la géométrie ?" Parfois, une crevasse remplie d'eau figée zèbre le blanc de bleu roi. La glace ancienne, elle, est d'un vert limpide. L'imagination joue avec les icebergs, sur le miroir lisse de l'eau grise, comme avec des nuages sur l'azur. Des rides sur l'onde attirent l'oeil. C'est un phoque annelé qui affleure, plonge et reparaît au loin.

Bleu, blanc, gris, noir.

Le Groenland est même parfois ocre, lorsque la lave a formé des orgues de basalte. Mais vert ? Erik le Rouge, Viking qui le baptisa en 982, inventa le marketing - même s'il faisait un peu plus chaud et que le Sud était propice aux cultures -, pour attirer Islandais et Norvégiens. En 2010, les drakkars naviguent au radar. "Le GPS ne détecte pas les icebergs, explique Jaime de la Vega, officier chilien. Et les petits peuvent percer la coque." Le danger existe en Arctique, même encadré. Ainsi des ours. Gérard a été clair : "A terre, restez à 30 mètres maximum du guide, l'individu isolé est vulnérable. Je serai armé d'un fusil. Chargé de vraies balles."

Les balades sont pourtant douces. Les flocons mouchettent un tapis moelleux où se mêlent jaune des saules glauques, rouge des bouleaux nains, rose pâle des sédums, coton des linaigrettes, pourpre et violet des airelles et camarines et vert des lichens. Un lièvre arctique, boule de poils neigeuse et placide, grignote une branche. A l'île du Danemark et au Cap Sud, des pierres et un tunnel d'entrée signalent des ruines de la civilisation inuit de Thulé.

Aujourd'hui, les Groenlandais vivent dans des maisonnettes colorées. Comme à Ittoqqortoormiit, 500 âmes isolées par la banquise. Où l'on achète des fusils à l'office du tourisme, où la chasse au phoque, à la baleine et à l'ours est permise. Mais, à la supérette, on trouve chips, Coca et même une Wii pour les soirées d'hiver. Jennifer, canadienne, est tombée amoureuse de ce paradis du traîneau. Même si, admet-elle en nourrissant ses chiens, "l'hiver est brutal, le vent souffle à plus de 160 kilomètres/heure".

Iceberg barbouillé de rouge

Le lendemain, le brouillard est tombé et, avec lui, la motivation des passagers. La plupart attrapent quand même bottes et gilet de sauvetage et les guides enregistrent la position du bateau sur les GPS. Sur la mer se forment des nénuphars de givre. De la ouate surgit soudain un iceberg barbouillé de rouge. La dépouille d'un phoque, qu'une mouette ivoire picore avec entrain. "Les restes du festin d'un ours", diagnostique Mario, guide italien qui demande le silence. Le mammifère fine gueule doit être proche. Un grognement et le pelage blanc surgit. Le mâle massif monte sur un iceberg qui bascule, décampe à la nage. Pendant l'intermède magique, le fjord Nansen a levé le rideau sur 12 kilomètres de front de glacier d'un bleu dur, d'où s'écoulent des rigoles de glace. Le théâtre de l'Arctique ferme, le brouillard retombe, avant le retour en Islande. Les pommes roulent sur le plancher, les assiettes valsent, l'équipage philippin blêmit. Avec les 45 noeuds de vent apparaissent les patchs contre le mal de mer derrière les oreilles des passagers. Les braves racontent les vagues de 6 mètres au-dessus de la passerelle, les autres fuient dans leur cabine. Un baroud d'honneur de l'Arctique avant de retrouver le soleil et les fulmars impavides. Cette nuit, les lumières de Keflavik trahiront le retour à la civilisation. Et redonneront des envies de Grand Nord.

Article original: http://www.lepoint.fr/voyages/glacons-grandioses-du-groenland-14-10-2010-1249631_44.php


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